Claude : Anthropic lance Dashboards et Motion en bêta
Anthropic ajoute deux nouvelles fonctionnalités en bêta à Claude. La première génère des tableaux de bord de données en direct à partir d'une simple requête textuelle. La seconde transforme du texte, des schémas et des images en vidéos explicatives animées. En parallèle, l'entreprise fait sortir de bêta trois outils existants et les ouvre à toutes les formules, comptes gratuits compris.
Cette mise à jour éloigne un peu plus Claude de la simple fenêtre de discussion pour en faire un espace de travail qui livre des résultats finis. Elle s'accompagne aussi d'un chiffre d'utilisation et d'une date butoir pour la fusion d'un produit.
Dashboards : des données en direct à partir d'une requête
La première nouveauté s'appelle Dashboards. L'utilisateur connecte une source de données, décrit ce qu'il souhaite voir, et Claude construit un tableau de bord qui se met à jour tout seul.
Anthropic cite plusieurs sources prises en charge :
- BigQuery
- Databricks
- Snowflake
- Salesforce
Ce sont des outils courants dans lesquels les entreprises stockent leurs données commerciales et analytiques. Les tableaux de bord ne sont pas des instantanés figés. Ils s'actualisent automatiquement à mesure que les données sous-jacentes évoluent.
Un choix de conception répond à une inquiétude bien connue face aux chiffres produits par l'IA. Selon Anthropic, chaque valeur affichée sur un tableau de bord indique la requête qui l'a générée. Un utilisateur qui doute d'un chiffre peut vérifier précisément comment il a été calculé, sans devoir croire le modèle sur parole.
Les résultats peuvent aussi sortir de Claude. Anthropic indique qu'ils peuvent être transmis à des outils comme Amplitude, Grafana ou Hex. C'est important pour les équipes qui gèrent déjà leur reporting ailleurs et ne veulent pas d'un îlot de graphiques isolé dans un chatbot.
Dashboards est réservé aux utilisateurs payants.
Motion : des vidéos explicatives sous forme de code
La seconde bêta s'appelle Motion. Elle crée des vidéos explicatives animées à partir de texte, de schémas et d'images.
Le résultat est modifiable sous forme de code, et les vidéos finalisées peuvent être exportées en fichiers MP4. Grâce à cette approche fondée sur le code, une vidéo n'est pas un rendu figé et définitif. L'utilisateur peut la retoucher après la première version produite par Claude.
Motion est limité aux formules Team et Enterprise. L'outil vise donc les clients professionnels plutôt que les abonnés individuels.
Docs, Slides et Design pour tous
La partie la moins spectaculaire de l'annonce pourrait toucher davantage de monde. Docs, Slides et Design sortent de bêta. Ils sont désormais disponibles sur toutes les formules de Claude, comptes gratuits inclus.
Anthropic a aussi communiqué un chiffre d'adoption : plus de 45 millions de documents ont été créés avec ces outils.
Ce chiffre a retenu l'attention pour une autre raison. The Decoder, qui a révélé le lancement en premier, avance que ce type d'adoption pourrait expliquer en partie pourquoi Microsoft réduirait son usage de Claude. Des articles précédents ont décrit comment Meta et Microsoft ont réduit leur usage interne des modèles d'Anthropic. Ce lien reste une hypothèse, qu'aucune des deux entreprises n'a confirmée.
Claude Design rejoint l'application principale
Il y a aussi un changement d'ordre pratique. Claude Design, annoncé plus tôt par Anthropic, sera intégré à l'application principale de Claude d'ici le 14 décembre. L'entreprise a publié un guide de migration pour les utilisateurs actuels.
Pour ceux qui ont bâti leurs méthodes de travail autour de la version autonome, c'est la date à retenir.
Qui a accès à quoi
Le déploiement varie selon la formule :
- Dashboards (bêta) : utilisateurs payants
- Motion (bêta) : Team et Enterprise
- Docs, Slides et Design : toutes les formules, y compris gratuite
- Claude Design : intégration à l'application principale d'ici le 14 décembre
Une vue d'ensemble
Ce lancement laisse penser qu'Anthropic veut que Claude soit jugé moins sur ses réponses que sur ce qu'il livre. Un tableau de bord branché sur Snowflake ou une vidéo exportée en MP4, c'est un livrable, pas une réponse. Claude se retrouve ainsi en concurrence plus directe avec les suites bureautiques et les outils de business intelligence, et pas seulement avec les autres chatbots.
Cela s'inscrit dans une tendance plus large. OpenAI ajoute des visuels interactifs à ChatGPT, et Google teste des jeux pour navigateur créés à partir de requêtes. La course se déplace vers les interfaces et les contenus générés.
L'affichage des requêtes dans Dashboards mérite d'être suivi. Si les utilisateurs professionnels peuvent retracer l'origine de chaque chiffre, cela pourrait apaiser une partie des problèmes de confiance autour de l'analytique par l'IA. Reste à savoir si le dispositif tient face à des données réelles désordonnées.
Il faudra aussi voir si cette incursion dans les outils de productivité accentue les frictions avec des partenaires comme Microsoft, dont les propres produits couvrent une bonne partie du même terrain.
